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Gesca demande l'avis de ses visiteurs


By dd - Posted on 25 septembre 2006

En visitant aujourd'hui le site de nouvelles Cyberpresse.ca j'ai eu la surprise de voir que quelqu'un chez Gesca (une des multiples branches de Power Corporation) se préoccupe de l'opinion des visiteurs de ce site. En bon gérant d'estrade de l'univers des médias numériques, je n'allais pas laisser tomber la chance qui s'offrait à moi pour leur confier en long et en large ce que je pense de leur produit.

[Quelqu'un du département des sondages chez Gesca tenait toutefois à ce que les messages comportent moins de 500 caractères. Certaines entreprises paient leurs clients pour recevoir autant de feedback que possible, mais chez Cyberpresse on préfère limiter les caractères fournis gratuitement par les visiteurs. Ce sont des gens occupés, fait croire. Libre à eux, mais Gesca se prive volontairement d'idées qui sont potentiellement fort rentables. Bref, les commentaires ci-bas constituent mon opinion sur le sujet, mais ceux-ci ont été passablement écourtés dans leur format original.]

 

Quels sont les aspects positifs de votre expérience aujourd'hui?

Force est de constater que Cyberpresse est bâti par une équipe de professionnels. La mise en page est plutôt élégante (comparativement, par exemple, à un ramassis de liens comme Branchez-Vous.com ). Le coup d'oeil devient même très agréable lorsqu'on trouve le moyen d'éliminer les fichues publicités qui ornent Cyberpresse (je reviendrai à ce sujet ci-bas).

La vitesse du site lui-même est plus qu'acceptable: les événements récents à Montréal ont fait tomber quelques sites du même genre, mais à ma connaissance Cyberpresse est demeuré en ligne pendant tout ce temps. Chapeau aux administrateurs des serveurs, qui doivent assurément rivaliser d'audace pour fournir un tel service.

Cyberpresse est un site où les éditeurs ne se contentent pas de simplement mettre en ligne du contenu de Reuters et de la Presse Canadienne. Oui, il y en a, mais on retrouve aussi du contenu original provenant du réseau de Gesca lui-même. La Presse. Le Soleil. La Tribune. Et les autres. C'est précisément ce que la plupart des médias numériques n'arrivent pas à fournir en abondance. On peut trouver un fil de presse sur plusieurs sites complètement gratuits, sans publicité, alors pourquoi se casser la tête à visiter un média où l'on se fait mitrailler de messages publicitaires pour le même contenu? Gesca l'a compris et prend le risque de rendre disponible du contenu ayant habituellement une certaine valeur commerciale dans ses médias écrits.

 

Quels sont les aspects négatifs de votre expérience aujourd'hui?

Qui aime bien, châti bien. Attachez-vous.

Le site Cyberpresse.ca perd une bonne partie, sinon la majeure partie, de sa valeur lorsqu'on le combine à la publicité. Je l'avoue, je n'aime pas la publicité. Pourquoi se tapper des pubs s'adressant à des pré-retraités lorsqu'on a 27 ans? C'est précisément une des raisons pour lesquelles je n'écoute à peu près plus la télévision. Les outils technologiques sont disponibles pour rendre la publicité attrayante, focalisée et ciblée vers les lecteurs, et un site comme Cyberpresse ne saisit pas cette opportunité. Peut-être un vieux réflexe de médiat écrit, où tous les lecteurs se font balancer la même publicité, peu importe ce qu'ils sont. Un indice: ce que je suis en tant que consommateur est souvent définit par ce que je lis. Google l'a compris, et je ne m'attend à rien de moins de la part d'un site comme Cyberpresse.

La publicité sur Cyberpresse n'est pas seulement mal ciblée: elle allourdit le site au point d'en rendre l'utilisation parfois impossible. Toutes ces applications Flash roulant simultanément sont plutôt gourmandes en ressources. À un point tel que vos propre serveurs de publicité, comme oams.cyberpresse.ca, bloquent eux-même l'accès au site. Il s'agit d'une situation pour le moins ironique.

 

 

De quelle manière est-ce que Cyberpresse.ca pourrait-être amélioré?

Laissez tomber les publicité construites en Flash. Elles sont lourdes, lentes, fonctionnent mal sur certains systèmes d'exploitation et fureteurs, et brisent tout ce que votre équipe de créateur pourrait arriver à faire de mieux. À preuve, en bloquant ces publicités au moyen de filtres (ce qui demeure relativement facile de toute façon), l'ergonomie du site se trouve grandement améliorée. Songez aux publicités purement composées de texte: l'usage du site s'en trouvera améliorée, accélérée, et plus personne ne songera à en bloquer le contenu. Même moi, éternel apôtre des médias libres de publicité.

Regardez aussi ce qu'un de vos concurrent, Le Devoir pour ne pas le nommer, a réussi à produire avec des moyens probablement incomparables à ceux de Gesca. Je suis personellement abonné à l'édition PDF du Devoir, où on a combiné la qualité du contenu à la facilité d'utilisation du contenant. Même avec les publicités et en payant 15$ par mois, lire Le Devoir en format PDF est un délice qui, si on en croit les 2000 abonnés (chiffre non vérifié mais rapporté), en vaut le coût. Le produit offert par Gesca, basé sur un logiciel propriétaire appelé NewsStand Reader, ne peut tout simplement pas arriver à la cheville d'un format ouvert, connu et supporté partout comme le PDF.