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Le calme avant l'ouragan
Les événements revêtent toujours une image différente lorsqu'on les subit directement plutôt que de les observer, froidement, sur un téléviseur. C'est le cas pour l'ouragan Katrina qui frappe présentement la Floride, un état où je me trouve au moment d'écrire ces lignes.
Le phénomène était prévisible depuis un bon moment: depuis le temps où les météorologues on apperçu le mouvement au dessus de l'océan, il s'est en fait écoulé presque trois jours. Assez pour que certains de mes étudiants prennent le large (vers Miami pour certains, rien de moins!) et assez pour que certains autres passent carrément la majeure partie de la journée à continuellement recharger les images radar disponibles sur le web.
Quelques heures avant que les premiers effets de l'ouragan se fassent sentir à Orlando, où je me trouve présentement, l'ambiance est incroyablement calme. L'hotel où j'habite est presque désert, contrairement aux derniers jours où il semblait afficher complet. Le International Drive, véritable réplique de la Strip de Las Vegas tellement cette rue bourdonne habituellement de touristes en mal d'action, est ce soir à toute fin pratique déserté. C'est à en croire que les touristes, pourtant si omniprésents dans cette ville impreignée des logos de Walt Disney World, ont soudainement décidé de lever les voiles et de déplacer leurs vacances vers des cieux plus cléments.
Les locals se résignent, quand à eux, à faire face à la musique et braver l'intempérie. Chuck, le sympathique technicien du centre de formation où je présente un cours cette semaine, m'a d'ailleurs fièrement fait une présentation plutôt convaincante de son degré de préparation face aux intempéries: boîtes de conserves, essence, four au butane, instincteurs dans chaque pièce, échelles rétractable pour rapidement descendre du deuxième étage de sa maison, guide d'évacuation où tout est documenté, rien y manque. Le pauvre type s'est même récemment fait convaincre qu'il avait le devoir d'acheter quinze bouteilles d'eau (celles que l'on place sur les bonbonnes!) pour s'assurer que les siens ne souffriront pas de déshydratation. Total: 200$ US, livré à la maison en prime. Chuck ne veut pas se faire prendre au dépourvu, voyez-vous.
The show must go on, donc mon cours se continue demain durant la tempête. Plutôt difficile à faire, tellement l'envie est forte de s'arrêter pour rire un peu à la vue des réactions démesurées dont je suis le témoin.
La meilleure que j'ai entendu aujourd'hui? Une dame me disait que son père, originaire du New Hampshire, préfère de loin les ouragans aux tempêtes de neige.
Au fait, ils ont des tempêtes dans le New Hampshire? :)



